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Trouvé sur le web : Vive la bonne drouille



Trouvé sur le web : Vive la bonne drouille
Posté le Mercredi 28 Septembre 2005 23:00 Transmis par sibyd


Trouvé sur le web : Vive la bonne drouille

Le jargon cartophile utilise le mot drouille pour désigner les cartes qui ont peu d'intérêt cartophile et qui donc ne valent (normalement) pas grand chose sur le marché de la carte postale ancienne.
Top de la drouille

La colonne du congrès de Bruxelles dans les années 30 à 15 euros
Animée avec des couronnes mortuaires et en prime libellée en anglais
Dépéchez-vous (mais ne vous inquiétez pas vous la trouverez facilement à 10 euros aussi)

A l'opposé de la drouille vous trouverez la top carte. La petite carte se trouve entre les deux extrêmes. (A ne pas confondre avec l'état des cartes.)
Le titre de l'article est un peu provocateur, car si je n'hésite jamais à fouiner dans les caisses à 50 cents ou 1 euro des marchands on retrouve ces même cartes régulièrement 10 à 20 fois plus cher sur internet. En effet les bourses réelles sont fréquentées par des habitués, les bourses virtuelles (sur les sites internet) invitent beaucoup de nouveaux venus. Tant mieux, cela permet de faire certaines trouvailles, par contre il est important d'encourager le réalisme du vendeur afin d'éviter l'asphyxie des listings de vente.

La notion de drouille est une notion très relative car les domaines d'intérêt des uns peuvent être tout à fait différents de ceux des autres.
L'important est que la carte vous intéresse ou pas, par contre il tout aussi important de payer un prix correct pour ce que l'on achète. Je suis certain que si vous aimez déguster une bière (quoi de plus courant) vous ne paieriez pas 50 euros pour en boire une.

Malgré cette notion de relativité on peut édicter certaines règles de base qui bien sûr ont leurs exceptions.

Une carte postale sera d'autant plus "drouille"

  • que le tirage de la carte est important
  • que le stock disponible est important
  • que la localité est importante et connue (càd touristique)
  • que la vue est générale
  • que le cliché est flou ou de mauvaise qualité
  • que le procédé de reproduction est de piètre qualité
  • que la vue est morte (càd non animée)
  • que l'endroit n'a pas changé
  • que la vue est classique sur un thème courant
  • que l'éditeur est important
  • que l'on s'éloigne de l'âge d'or
  • que le thème ou la localité n'est pas recherché
  • que l'existence de la carte est compréhensible
    Une carte sera d'autant appréciée par les cartophiles

  • que le tirage est petit
  • que la quantité disponible est faible
  • que la localité est petite et inconnue
  • que le plan est rapproché
  • que le cliché est de bonne qualité
  • que le procédé de reproduction est de bonne qualité (extra pour carte en relief)
  • que la vue est animée (personnages, véhicules, animaux)
  • que l'endroit a changé
  • que la vue est originale sur un thème peu courant
  • que l'éditeur est petit et local ou recherché
  • que la carte date de l'âge d'or (début 1900)
  • que le thème ou la localité est recherché
    Ces critères ne sont pas spécifiques à la Belgique et sont souvent interdépendants. Il y a peu de chances qu'on ait imprimé des milliers de cartes d'un lieu parfaitement inconnu habité par 30 âmes. Une photo-carte d'un tableau de Rubens dans son musée risque peu d'attirer l'engouement général.

    Les critères de mode et de public peuvent donc modifier l'intérêt "cartophile" d'une carte suivant le lieu et l'époque de vente. Les vendeurs adaptent très vite vers le haut les tarifs dès que la demande pour un type de carte augmente.
    Internet abolit les frontières (pas encore celles des langues) et certaines cartes changent de statut car des cartes peu demandées en Belgique peuvent rejoindre des marchés très actifs ailleurs. Internet change donc un peu les données du marché cartophile, le marché est potentiellement plus vaste, du côté de la demande comme de l'offre.
    Certains américains d'origine belge rachètent ou vendent des cartes du patelin de leurs ancêtres.
    Autre phénomène les cartes de bienfaisance des missions belges à l'étranger (Scheut par exemple) sont prisées par un public plus international.
    Cette tendance est toute à fait générale et non propre à la cartophilie.

    Les cartes "belges" suscitent plus d'intérêt cartophile en Belgique qu'en Papouasie. Autre exemple la traction canine est moins cotée en Belgique qu'à l'Etranger où ce thème est nettement plus rare. Les suffragettes sont plus populaires en Angleterre qu'en Belgique etc...

    Le but de cet article est d'aider à discerner un peu mieux de le bon grain de l'ivraie. Internet n'a rien inventé mais c'est un outil complémentaire qui permet certaines analyses sans devoir se déplacer dans toute la Belgique ou à l'étranger. En effet avec un peu de bon sens et en maniant les moteurs de recherche des sites de ventes cartophiles on peut vite se rendre compte des cartes courantes et/ou demandées. Delcampe.com offre plus de 162.000 cartes postales belges à la vente en ce mois de septembre 2005, (près de 470.000 en ce mois de septembre 2007) voilà un bon échantillonnage. Notez que certains marchands bien éclairés ont compris qu'il n'y a aucun intérêt à investir un scan et du temps d'encodage pour une carte qui avec beaucoup de chance partira à 25 cents. D'autre part comme dans les bourses physiques on verra fort peu de "top cartes" car ces cartes restent dans les albums des collectionneurs, les autres on s'en débarrasse plus facilement. La néocartophilie a déjà 30 ans et il faut se faire inviter chez les anciens pour voir les super bonnes cartes par contre pour voir les cartes courantes vous êtes au bon endroit

    Le prix de la drouille

    C'est un peu paradoxal de parler du prix de quelque chose qui est difficilement vendable mais il y a toujours un amateur même pour la pire des drouilles si le prix demandé correspond à ce que l'acheteur veut mettre.
    Les drouilles que vous trouvez sur internet à 10 euros sont le fait d'amateurs qui aperçoivent les cartes en entête de site de vente entre 20 et 200 euros et qui pensent donc vendre leur carte à bon marché. En brocante c'est la même chose, on vend tout à 5 euros. Les meilleures cartes partent de suite bien sûr et le vendeur ne prétend pas descendre pour les cartes qui lui restent sur les bras car les cartes à 5 euros se sont vendues comme des petits pains.
    Je ne blâme pas ces marchands car la cartophilie est extrêmement variée et impossible à cerner en un coup d'oeil et les spécialistes eux-mêmes se trompent encore souvent. Par contre après un certain temps de "spamming" (ou d'encombrement) dans les listings les marchands devraient comprendre que quelque chose cloche dans leur offre et pourraient adapter leurs prix.
    La même réflexion s'applique aux marchands en bourse qui imperturbablement traînent leurs trésors de bourse en bourse et se plaignent du manque de chiffre d'affaire. De plus quand les cartes (plus généralement les "drouilles" d'ailleurs) sont non protégées elles perdent très vite leur fraîcheur et après les maintes manipulations on a droit à des torchons.

    Achat en lot.
    Quand on débute en cartophilie généraliste il n'est pas inutile d'acquérir des lots de drouille pour se rendre compte des différent types de cartes qui existent sans saigner son porte-feuille. Le prix varie de 10 à 25 cents la pièce. En salle de vente le prix est souvent plus élevé car le lot est visible alors que sur internet on se contente souvent de publier le scan des 4 premières cartes, les acheteurs sont donc fort prudents.

    Achat à la pièce
    Il n'y a pratiquement aucune carte en dessous de 25 cents sur internet, ce qui est normal vu le travail nécessaire engendré par la mise en vente d'une carte, il est même étonnant que beaucoup de vendeur essaient de vendre en dessous d'un euro sachant que les frais de port sont facturés de 50 cents à un euro (ce qui pratiquement double le prix de la carte pour l'acheteur). Sauf si c'est un hobby il n'y a que peu de sens à vendre quelque chose en dessous de 1 euro à la pièce, dans ce cas il vaut bien mieux vendre en lot. En bourse d'échange, contrairement à internet vous pourrez par contre avoir le plaisir de manipuler les bacs de drouilles à la pièce entre 25 cents et 1 euro pièce, de plus vous pourrez peut-être distinguer les détails que vous ne verrez pas sur un scan de piètre qualité.





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